Déjà confrontée à la pression de ravageurs et de maladies comme le ToBRFV, la filière a également subi des épisodes climatiques extrêmes, dont la tempête de fin février qui a détruit des milliers d’hectares de serres dans le Souss-Massa.
Selon Zakaria Hanich, président de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes (FIFEL), les producteurs ont dû faire face simultanément aux dégâts climatiques, aux problèmes phytosanitaires, aux difficultés logistiques et aux restrictions temporaires sur les exportations.
Une reconstruction en cours, mais coûteuse
Après les importantes destructions enregistrées fin février, les travaux de reconstruction des serres ont fortement progressé. Toutefois, cette reprise s’est accompagnée d’une hausse significative des coûts de production, notamment pour le plastique de couverture, les matériaux de construction et la main-d’œuvre.
Si le prix du plastique a progressivement reculé depuis le pic observé après la tempête, il demeure supérieur à celui de l’année précédente. Malgré ces contraintes, la filière n’anticipe pas de retard majeur pour le lancement de la prochaine campagne.
Des rendements affectés par les maladies et le climat
Au-delà des dégâts matériels, la campagne a été fortement impactée par les conditions sanitaires. Le mildiou et le Tomato Brown Rugose Fruit Virus (ToBRFV) ont particulièrement affecté les cultures au cours de la seconde moitié de saison.
Bien que des variétés résistantes soient désormais disponibles, elles présentent souvent des rendements inférieurs aux variétés traditionnelles, avec des productions parfois limitées à 100 à 150 tonnes par hectare. Cette baisse de productivité entraîne une hausse des coûts de production, désormais estimés entre 5 et 6 dirhams par kilogramme.
Des difficultés logistiques persistantes
Les exportateurs ont également été confrontés à des perturbations logistiques importantes, notamment dans les ports de Tanger Med et d’Algésiras. Ces retards ont engendré des problèmes de qualité à destination ainsi que des pénalités commerciales sur certains marchés.
Des producteurs qui se tournent vers d’autres cultures
Face à la baisse de rentabilité de la tomate, de nombreux producteurs, notamment les plus petites exploitations, commencent à réorienter leurs surfaces vers d’autres cultures comme les poivrons ou les fruits rouges.
Cette évolution pourrait avoir un impact durable sur la structure de la production marocaine dans les années à venir.
Un recul des exportations sur tous les marchés
Selon les données présentées par Morocco Foodex lors de la Morocco Tomato Conference 2026, les exportations marocaines de tomates ont atteint 549 000 tonnes durant la campagne 2025/2026, contre 620 000 tonnes la saison précédente, soit une baisse de 11 %.
Les exportations de tomates rondes ont reculé de 15 %, tandis que celles des tomates segmentées ont diminué de 8 %. Le repli concerne l’ensemble des marchés de destination, avec une baisse d’environ 12 % en Europe et au Royaume-Uni.
Un appel à davantage de soutien pour la filière
Face à la pression croissante sur les producteurs, la FIFEL appelle à un renforcement des mesures de soutien à la production. Les représentants du secteur estiment que la pérennité de la filière dépendra de sa capacité à faire face à l’augmentation des coûts, aux risques climatiques et aux défis phytosanitaires qui se multiplient d’année en année.