Le marché marocain de la tomate traverse une phase de forte turbulence, marquée par un effondrement rapide des prix à la production. Face à cette situation, les autorités et les professionnels ont décidé de relancer les exportations afin d’absorber les excédents et de soutenir les revenus des producteurs.
Chute brutale des prix à la production
Les prix au stade de la production ont connu une baisse spectaculaire, passant d’environ 300 dirhams à 100 dirhams la caisse. Au détail, les prix, qui avoisinaient récemment les 20 dirhams le kilo, ont également enregistré une correction significative.
Cette baisse rapide fragilise les exploitations agricoles, déjà confrontées à la hausse des coûts des intrants et à des conditions climatiques instables.
Des restrictions à l’export à l’origine de la saturation
Selon les analystes, cette situation s’explique en grande partie par les restrictions partielles sur les exportations, notamment vers les marchés africains. Ces limitations ont entraîné une accumulation des volumes sur le marché local.
Privés de débouchés extérieurs, de nombreux producteurs ont été contraints de vendre à perte pour écouler leurs stocks, accentuant la pression sur les prix.
Des failles persistantes dans la chaîne de distribution
Cette crise met en évidence les dysfonctionnements structurels du marché intérieur. Malgré une offre abondante, l’écart entre les prix à la production et ceux pratiqués au détail reste important.
Ce déséquilibre souligne le rôle des intermédiaires et les limites des circuits de distribution, qui continuent de pénaliser l’ensemble de la chaîne de valeur.
Réouverture stratégique des exportations
À l’issue d’une réunion d’urgence entre les opérateurs du Souss-Massa et Morocco Foodex, les exportations ont officiellement repris le 29 avril 2026. Cette décision vise à rééquilibrer le marché en redirigeant une partie des volumes vers les marchés internationaux.
La reprise des flux à l’export devrait contribuer à alléger la pression sur le marché local et à améliorer les conditions de prix pour les producteurs.
L’export, un levier clé de régulation
Les professionnels rappellent que l’exportation constitue un mécanisme essentiel de régulation du marché. Elle permet de compenser la faiblesse des marges sur le marché intérieur et de sécuriser les revenus agricoles.
Perspective : vers un rééquilibrage du marché
La reprise des exportations marque une première étape vers la stabilisation du marché de la tomate. À plus long terme, une meilleure organisation des flux et une optimisation des circuits de distribution seront nécessaires pour limiter la volatilité.
Le renforcement des débouchés, tant locaux qu’internationaux, restera déterminant pour assurer la résilience de la filière.