Selon les représentants des producteurs, les dégâts causés aux cultures et aux infrastructures de serre sont « catastrophiques et choquants ».
Des dégâts sans précédent dans les serres
La tempête, qui a duré un peu plus d’une heure le 26 février vers 18h30, a généré des vents atteignant 100 km/h. De nombreuses zones agricoles ont été touchées, notamment Chtouka Ait Baha, Belfaa, Inchadn, Biougra, Houara, Ait Amira et Sidi Bibi.
Selon Ahmed Afkir, producteur à Chtouka Ait Baha, l’ampleur des dégâts est exceptionnelle : des milliers d’hectares de serres ont été endommagés ou détruits, un niveau de pertes rarement observé dans la région.
Face à cette situation, les producteurs tentent de récolter rapidement ce qui peut encore l’être, avant l’arrivée éventuelle de nouvelles pluies. Pour certains exploitants, la campagne pourrait se terminer prématurément.
Des impacts sur plusieurs filières agricoles
Les pertes concernent plusieurs cultures, notamment les tomates, poivrons, haricots et fruits rouges. La tempête a également aggravé certaines problématiques phytosanitaires déjà présentes dans la production de tomates.
Selon les producteurs, ces perturbations pourraient entraîner des tensions sur l’offre, aussi bien sur le marché local qu’à l’export, dans les semaines à venir.
Une évaluation des dégâts en cours
À la suite de visites de terrain et d’une réunion d’urgence avec les organisations de producteurs, la Chambre d’agriculture du Souss-Massa a lancé une commission chargée d’évaluer précisément les pertes et de formuler les demandes de soutien du secteur.
Les dégâts touchent plusieurs provinces, dont Taroudant, Tata et Tiznit, en plus des zones à forte densité de serres comme Chtouka Ait Baha.
Pénurie de plastique et difficultés de reconstruction
Au-delà des pertes agricoles, les producteurs alertent également sur une pénurie de plastique utilisé pour la couverture des serres, qui complique les opérations de reconstruction. Les délais d’approvisionnement dépassent déjà une semaine et pourraient s’allonger en cas de manque de matières premières.
Cette situation est aggravée par la pénurie de main-d’œuvre et la hausse attendue des coûts liés aux intrants, aux matériaux et à la logistique.
Un risque de perturbation pour la prochaine saison
Dans ce contexte, la fin prématurée de la campagne actuelle pourrait être suivie d’un démarrage retardé de la prochaine saison, faute de matériaux et de main-d’œuvre pour reconstruire rapidement les infrastructures.
Face à l’ampleur des dégâts, les représentants du secteur appellent les autorités à déclarer la région zone de catastrophe agricole et à mobiliser des aides pour la reconstruction des serres.
Selon certains producteurs, les acheteurs internationaux, déjà informés de ces pertes, commencent également à chercher des sources alternatives d’approvisionnement pour leurs programmes.