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Mexique : les prix de la tomate s’envolent sous l’effet du gel, de l’insécurité et des coûts

Au Mexique, les prix de la tomate, produit essentiel de l’alimentation locale, connaissent une forte hausse, reflétant des tensions plus larges sur les marchés des produits frais.

Mexique : les prix de la tomate s’envolent sous l’effet du gel, de l’insécurité et des coûts



Cette évolution contribue à la hausse de l’inflation alimentaire. Au cours de la première moitié de mars, l’indice national des prix à la consommation (INPC) a atteint 4,63 % en glissement annuel, contre 3,67 % un an plus tôt, dépassant l’objectif de la banque centrale fixé autour de 3 %.

Selon le Grupo Consultor de Mercados Agrícolas (GCMA), les hausses concernent principalement les segments les plus volatils, avec une progression de 23,91 % sur un an pour les fruits et légumes.

Le gel et les aléas climatiques perturbent l’offre

L’augmentation des prix s’explique en grande partie par un choc d’offre interne lié au gel et aux conditions météorologiques extrêmes dans des régions clés comme Sinaloa, Zacatecas, Puebla et Morelos. Ces événements ont réduit la disponibilité de plusieurs types de tomates.

Le prix de la tomate saladette a ainsi augmenté de 86,8 % en un an, atteignant 19,80 pesos par kilogramme sur le marché de gros de Mexico à la mi-mars, contre 7,35 pesos à la même période l’année précédente.

L’insécurité perturbe la chaîne logistique

Les problèmes de sécurité viennent aggraver la situation. Les producteurs et commerçants signalent que les blocages routiers et les pressions liées au crime organisé perturbent le transport des marchandises, notamment depuis des régions productrices comme Sinaloa et Jalisco.

Ces contraintes génèrent des coûts supplémentaires pour les producteurs et transporteurs, qui sont ensuite répercutés sur les prix à la consommation, tout en limitant l’offre disponible sur les marchés locaux.

Des coûts de production sous pression

À ces facteurs s’ajoutent des risques liés aux marchés internationaux. La hausse des prix des engrais et de l’énergie, en partie liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, pourrait accentuer les pressions sur la production agricole.

Le Mexique importe environ 70 % de ses engrais (urée, azote, ammoniac), ce qui expose fortement le secteur aux fluctuations des prix mondiaux.

Une volatilité appelée à durer

À court terme, les prix devraient rester instables, en raison des contraintes sur l’offre et de la hausse des coûts de production. Dans ce contexte, les producteurs pourraient solliciter des aides publiques pour faire face à l’augmentation des charges, tandis que le secteur continue de s’adapter à un environnement marqué par les risques climatiques, sécuritaires et économiques.

 

Hortidaily