En Europe, l’offre se reconstitue progressivement, tandis qu’au Maroc, les difficultés d’approvisionnement en eau et les conditions climatiques perturbent le démarrage de la campagne hivernale.
Europe : une offre en reprise, mais des marchés contrastés
Aux Pays-Bas et en Belgique, les volumes de tomates repartent à la hausse après un été marqué par des températures extrêmes. Cette reprise entraîne un recul des prix, qui restent néanmoins supérieurs à leur moyenne des cinq dernières années. En Belgique, les prix moyens atteignent environ 1,56 €/kg pour les tomates en grappes et 1,52 €/kg pour les tomates rondes en vrac.
En Italie, la situation demeure plus tendue. Les disponibilités siciliennes restent limitées, maintenant les prix à des niveaux élevés. Certaines variétés, comme la Piccadilly et la Datterino, se négocient respectivement autour de 4,20 €/kg et 5,80 €/kg au départ des producteurs. Une augmentation progressive des volumes est attendue en octobre, avant une montée en pleine production début novembre.
En France, la campagne nationale touche à sa fin. Après des prix particulièrement élevés début septembre, le marché retrouve des niveaux plus saisonniers, malgré une forte volatilité. L'arrivée progressive des tomates marocaines et espagnoles devrait intensifier la concurrence sur le marché français.
Espagne : des surfaces en léger recul et une pression sanitaire persistante
En Espagne, les premières disponibilités importantes de la campagne automne-hiver sont attendues à partir de la mi-octobre.
Pour la saison 2026/27, les surfaces de tomates sous serre sont estimées à environ 13 500 hectares, en légère diminution par rapport à la campagne précédente.
Les coûts élevés de main-d'œuvre, d'intrants et de protection phytosanitaire incitent certains producteurs à se tourner vers d'autres cultures. La pression du virus ToBRFV, responsable de pertes de rendement et d'une réduction du calibre des fruits, constitue également un défi majeur.
Face à la concurrence croissante du Maroc et de la Turquie sur les tomates rondes et en grappes, les producteurs espagnols s'orientent davantage vers les tomates allongées et les variétés de spécialité.
Maroc : le manque d'eau retarde la campagne hivernale
Dans le Souss-Massa, les producteurs marocains font face à une nouvelle campagne difficile, malgré l'amélioration des réserves des barrages après plusieurs années de sécheresse.
Les retards de réparation des conduites du barrage Youssef Ben Tachfine et les interruptions récurrentes de l'usine de dessalement de Chtouka Aït Baha continuent de perturber l'approvisionnement en eau.
Cette situation oblige certains producteurs à recourir à des camions-citernes coûteux, tandis que la salinité croissante de l'eau d'irrigation complique la gestion de la fertilisation, notamment à Chtouka et Taroudant.
À ces difficultés s'ajoutent des vents chauds et des chocs thermiques qui affectent les jeunes plants. Les surfaces consacrées aux tomates rondes auraient de nouveau diminué de 10 à 15 %, sous l'effet de contraintes agronomiques et commerciales.
Dans ce contexte, le cycle hivernal devrait démarrer avec 10 à 15 jours de retard, tandis que les premières grappes présentent déjà des problèmes d'homogénéité des calibres et des rendements inférieurs aux attentes.
Allemagne et Amérique du Nord : des dynamiques de prix différentes
En Allemagne, l'augmentation des disponibilités, principalement en provenance des Pays-Bas et de Belgique, exerce une pression à la baisse sur les prix. Ceux-ci restent toutefois sensiblement supérieurs à ceux de l'année précédente.
En Amérique du Nord, l'approvisionnement demeure irrégulier en raison des transitions entre campagnes et des conditions météorologiques défavorables dans certaines régions productrices, notamment au Mexique.
Les prix restent élevés par rapport aux années précédentes, soutenus par une offre limitée et des coûts logistiques importants.
Afrique du Sud : ralentissement de l'offre et de la demande
En Afrique du Sud, les conditions printanières froides et pluvieuses ont récemment entraîné une baisse des volumes disponibles.
Sur le marché municipal de Johannesburg, le prix moyen se situe autour de 0,30 €/kg. La demande pour les tomates de petit calibre et de catégories inférieures a particulièrement reculé, notamment en raison de la disparition de certains débouchés commerciaux informels.
Un marché mondial toujours dépendant des conditions de production
Les perspectives du marché mondial de la tomate restent étroitement liées aux conditions climatiques, à la disponibilité en eau, aux coûts de production et à la pression sanitaire.
Alors que plusieurs pays européens entrent dans leur nouvelle campagne, les difficultés rencontrées au Maroc et les ajustements des surfaces espagnoles pourraient influencer l'équilibre de l'offre sur les marchés européens durant les prochains mois.
Pour les producteurs et exportateurs, la maîtrise des ressources hydriques, la protection sanitaire des cultures et la régularité des approvisionnements demeurent des facteurs déterminants de compétitivité.