Une région stratégique fortement touchée
Les 26 et 27 février, de violents orages ont frappé la région de Souss-Massa, et plus particulièrement la zone de Chtouka Ait Baha. Cette région est au cœur de la production marocaine de fruits et légumes frais, avec une forte concentration d’exploitations sous serre.
Les intempéries ont été marquées par des vents atteignant 109 km/h ainsi que des inondations importantes à travers la province. Ces conditions ont causé des dégâts significatifs aux infrastructures agricoles, notamment aux serres.
Depuis le 16 janvier, la région a été touchée par neuf tempêtes successives, aggravant progressivement la situation pour les producteurs.
Une baisse notable des volumes de production
Selon l’Organisation internationale de la myrtille (IBO), les volumes de production pourraient diminuer de 15 % à 25 % d’ici la neuvième semaine de l’année. Dans certaines zones particulièrement affectées, les pertes pourraient atteindre 50 %.
Les chiffres observés confirment cette tendance. À la neuvième semaine de l’année précédente, la production atteignait environ 21 000 kilos, contre seulement 15 000 kilos à la même période cette année.
Cette baisse intervient alors même que la filière prévoyait une croissance de 13 % du volume total par rapport à 2025, avec un objectif estimé à 95 000 kilos.
Des conditions climatiques exceptionnelles et leurs conséquences
Les conditions météorologiques observées cette saison sont décrites comme inhabituelles. Selon le président de l’IBO, Mario Steta, une telle quantité de pluie n’avait pas été enregistrée depuis des décennies.
Les tempêtes ayant touché le Maroc, mais aussi le Portugal et l’Espagne, ont entraîné :
1- Des inondations importantes
2- Une chute brutale des températures
3- Une luminosité extrêmement faible
Ces facteurs ont eu un impact direct sur la production, mais aussi sur les conditions de travail des exploitants. Dans certains cas, des vergers sont restés isolés et inaccessibles pendant plusieurs jours.
Un impact direct sur la qualité des fruits
Au-delà des volumes, les conditions climatiques ont également affecté le calibre des myrtilles. Le manque de lumière et les températures basses ont conduit à des fruits de plus petite taille.
Cette évolution pourrait avoir des conséquences sur les prix du marché et entraîner des pertes économiques pour les producteurs.
Des impacts variables selon les exploitations
Tous les producteurs ne sont pas affectés de la même manière. Certaines entreprises, comme African Blue, ont réussi à surmonter la crise et à limiter les dégâts.
Cependant, l’impact global sur le secteur reste significatif. Selon son directeur général, les volumes d’exportation en provenance du nord pourraient diminuer de plus de 20 %, avec des pertes dépassant 50 % dans certains cas.
Les coûts de réparation des infrastructures endommagées sont particulièrement élevés. Dans ce contexte, les petits producteurs apparaissent comme les plus vulnérables, avec des perspectives de reprise plus incertaines.
Une filière en croissance malgré les perturbations
Malgré les difficultés actuelles, la filière marocaine de la myrtille reste portée par une dynamique de croissance. Des investissements importants ont été réalisés ces dernières années, notamment dans des variétés génétiques plus performantes.
Cependant, comme le souligne Agronometrics, l’impact des tempêtes varie selon les régions. Certaines entreprises continuent d’enregistrer une croissance significative, tandis que d’autres subissent une baisse réelle de leur production.
Le rôle clé de la région de Souss-Massa
La région de Souss-Massa joue un rôle central dans l’agriculture marocaine. Elle représente près de 85 % des exportations de fruits et légumes du pays.
Avec plus de 24 000 hectares de production sous serre et une capacité dépassant les 2 millions de tonnes par an, cette région constitue un pilier stratégique pour le secteur agricole national.
Conclusion
Les intempéries survenues au début de l’année 2026 ont profondément perturbé la campagne de myrtilles au Maroc. Entre baisse des volumes, impact sur la qualité des fruits et coûts élevés de reconstruction, les défis sont nombreux pour les producteurs.
Si certaines exploitations parviennent à limiter les pertes, l’impact global sur la filière reste important, en particulier pour les structures les plus fragiles.