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Gaz antimicrobiens et huiles essentielles : une nouvelle piste pour prolonger la durée de conservation des fruits rouges

 

l’Université de Floride explore de nouvelles solutions pour prolonger la conservation des fraises et des myrtilles.

Gaz antimicrobiens et huiles essentielles : une nouvelle piste pour prolonger la durée de conservation des fruits rouges



Des recherches menées par l’Université de Floride ouvrent de nouvelles perspectives pour réduire les pertes post-récolte des fraises et des myrtilles. En combinant huiles essentielles et gaz antimicrobiens, les scientifiques explorent des solutions capables de ralentir la dégradation des fruits et d’améliorer leur conservation. Ces travaux s’orientent désormais vers une application industrielle sur les lignes de conditionnement.

Un enjeu majeur : des pertes post-récolte élevées dans les fruits rouges

Les fraises et les myrtilles sont particulièrement sensibles après récolte en raison de leur forte teneur en eau, qui accélère le ramollissement et le développement des moisissures. Cette fragilité entraîne des pertes importantes tout au long de la chaîne logistique.

Selon les données du secteur, les pertes post-récolte peuvent atteindre 30 à 60 % des volumes pour ces fruits. Un niveau élevé qui pèse directement sur la rentabilité des producteurs et des distributeurs.

Huiles essentielles testées mais limitées par des contraintes sensorielles

Les premières pistes de recherche ont porté sur des huiles essentielles antimicrobiennes, notamment le carvacrol et le thymol. Ces composés ont montré une efficacité notable contre les agents responsables de la dégradation des fruits.

Cependant, leur forte odeur s’est révélée incompatible avec les exigences commerciales. L’impact potentiel sur l’odeur du produit final a limité leur utilisation en conditions réelles, notamment au niveau de la distribution et de la consommation.

Les gaz antimicrobiens comme alternative industrielle

Les chercheurs se sont ensuite orientés vers les gaz antimicrobiens, avec deux solutions principales : le dioxyde de chlore et le dioxyde de soufre. Le dioxyde de chlore s’est distingué par son efficacité, notamment grâce à sa capacité à réduire la présence d’E. coli sur les fraises et les myrtilles.

Pour faciliter son application, des sachets diffuseurs ont été développés. Placés directement dans les barquettes, ils libèrent progressivement le gaz pendant le transport et le stockage, assurant une protection continue contre les agents pathogènes.

Le dioxyde de soufre, déjà utilisé dans le secteur du raisin de table, est également à l’étude pour les fruits rouges. Son utilisation est déjà validée sur les myrtilles et fait actuellement l’objet de tests complémentaires sur les fraises.

Une évaluation complète de la qualité des fruits

Les travaux ne se limitent pas à la conservation, mais incluent également une analyse détaillée de la qualité des fruits. Les chercheurs évaluent notamment la pourriture, les dommages tissulaires, la coloration, la teneur en sucres et en acides, ainsi que la fermeté.

Les résultats montrent que les traitements n’altèrent pas la composition chimique des fruits. Aucun impact significatif n’a été observé sur le goût ou la valeur nutritionnelle, un point essentiel pour une adoption commerciale.

Des défis d’adaptation à grande échelle

Malgré des résultats prometteurs, la mise en œuvre industrielle reste complexe. Les variations entre régions de production, conditions climatiques et types de pathogènes rendent difficile une solution unique applicable à tous les contextes.

Les chercheurs soulignent également que la qualité finale dépend fortement des conditions de culture, certaines dégradations se produisant déjà avant la récolte. Les solutions post-récolte ne peuvent donc intervenir que partiellement dans la réduction des pertes.

Perspectives : vers une réduction des pertes dans la filière fruits rouges

La prochaine étape consiste à optimiser l’application de ces technologies sur les chaînes de conditionnement et à finaliser leur adaptation industrielle. Les doses modérées de dioxyde de chlore apparaissent déjà comme une solution efficace et économiquement viable.

À terme, ces innovations pourraient réduire significativement les pertes post-récolte dans les fruits rouges, améliorant ainsi la rentabilité des filières et la disponibilité des produits sur les marchés internationaux.

 

Source : Fresh Fruit Portal