Parmi ses essais les plus récents, les travaux menés sur la tomate se distinguent particulièrement. Ils portent sur l’amélioration de la santé des sols, de la qualité des fruits et sur la réduction des pertes tout au long du cycle de production, comme l’explique le directeur du centre, Carlos Baixauli.
Une serre de type parral comme terrain d’expérimentation
Les essais sont conduits dans une serre de type parral avec couverture en filet, une structure largement répandue dans le bassin méditerranéen. Les travaux portent plus précisément sur une culture de tomate valencienne conduite selon deux systèmes distincts : des plants greffés et non greffés.
Les plants greffés sont conduits sur deux bras, afin de tirer parti de la vigueur du porte-greffe, tandis que les plants non greffés sont cultivés sur une seule tige. Cette approche permet d’évaluer l’influence de la vigueur végétative et de l’architecture de la plante sur les performances globales de la culture.
Des plantes biocides pour répondre aux problématiques du sol
L’un des piliers majeurs du projet repose sur l’introduction de plantes biocides, telles que les choux et les radis, dans une stratégie de gestion durable des sols. Ces cultures sont implantées à l’automne puis enfouies dans le sol en hiver, afin de bénéficier de leurs propriétés de biofumigation.
Au cours des saisons de printemps et d’été, l’équipe analyse leur impact sur les ravageurs et les maladies, en comparant des parcelles traitées à des zones témoins non traitées. L’objectif est d’évaluer leur efficacité en tant qu’outil alternatif dans les programmes de lutte intégrée.
Variétés et maîtrise de l’éclatement des fruits
Les essais incluent également des évaluations variétales ainsi qu’une étude spécifique sur l’éclatement des fruits, menée dans le cadre du projet Craktom, développé en collaboration avec l’Institut d’agrochimie et de technologie alimentaire (IATA-CSIC).
L’objectif est d’identifier les causes de ce phénomène, qui affecte directement la qualité commerciale des tomates, et de concevoir des stratégies permettant d’en réduire l’incidence.
Réduire les pertes dès la production
Carlos Baixauli souligne que ces travaux visent à limiter le gaspillage alimentaire non seulement au stade post-récolte, mais également en amont, au niveau de la production. L’éclatement des fruits et d’autres désordres physiologiques entraînent des déclassements et des pertes de rendement, rendant les actions préventives essentielles.
À travers ces initiatives, le Cajamar Experience Center consolide son rôle de référence en recherche appliquée, en proposant des solutions concrètes pour le secteur horticole et en contribuant au développement de systèmes de production plus durables et plus résilients.