Longtemps associée à une tendance « superfood », la myrtille est désormais un produit installé, présent toute l’année sur les linéaires et attendu par des consommateurs de plus en plus exigeants.
Cette nouvelle étape ne repose pas sur une simple hausse des volumes. Elle s’appuie sur une transformation en profondeur : plus de constance, plus de qualité, plus de segmentation et plus de stratégie. Beaucoup parlent aujourd’hui d’une véritable « Renaissance bleue ».
1) Le basculement : de la quantité à la régularité
Pendant des années, le secteur a fonctionné avec une logique de volume. En 2025, le marché a clairement envoyé un message : les fruits irréguliers ou de faible qualité ne passent plus, même à bas prix.
Résultat : une accélération du renouvellement variétal et une meilleure structuration du marché :
- les variétés moins performantes basculent vers le surgelé et la transformation,
- le segment frais se concentre sur des myrtilles premium, plus homogènes, mieux valorisées et souvent sous marque.
2) Une nouvelle carte mondiale pour réduire les risques
L’autre grand mouvement de 2025, c’est la diversification géographique. Face aux incertitudes logistiques et commerciales, les exportateurs cherchent à réduire leur dépendance aux marchés historiques.
Deux zones se détachent :
- l’Asie, qui gagne en importance comme marché de croissance,
- l’Afrique, qui confirme son potentiel de production et s’affirme comme une zone stratégique de production, grâce à des fenêtres de récolte complémentaires et une montée en qualité. Le Maroc poursuit sa forte progression, porté par sa proximité logistique avec l’Europe et sa capacité à fournir du fruit premium sur des créneaux clés. Le Zimbabwe s’impose comme la révélation de l’année, en capitalisant sur son climat et de nouveaux accès marchés, notamment vers l’Asie. Cette dynamique répond à un objectif clair : diversifier les origines pour sécuriser l’approvisionnement et réduire les risques commerciaux et logistiques.
Cette stratégie vise un objectif simple : éviter qu’un blocage portuaire, une tension commerciale ou un changement réglementaire ne fragilise toute une saison.
3) Le Pérou et la stabilisation de l’offre
Impossible de parler de 2025 sans évoquer l’influence du Pérou. Ces dernières années, l’arrivée de volumes très concentrés sur quelques semaines a souvent provoqué une pression sur les prix.
En 2025, l’approche évolue : grâce à des pratiques agronomiques et des variétés adaptées, la production s’étale davantage, ce qui contribue à lisser l’offre et à améliorer la visibilité des distributeurs.
4) Le consommateur change : la myrtille devient une “expérience”
La myrtille n’est plus seulement achetée pour ses bénéfices santé. Le consommateur recherche :
- du goût,
- une texture agréable,
- une expérience “snacking”.
Cela tire le marché vers le haut : gros calibres, bio, marques orientées “saveur”, standards qualité plus stricts. Le défi devient alors stratégique : augmenter l’offre sans détruire la valeur.
5) Technologie : vers une filière plus performante
Enfin, 2025 confirme l’accélération technologique : tri intelligent, automatisation, outils de contrôle qualité plus précis… L’objectif est clair : gagner en efficacité tout en garantissant une qualité constante, malgré la pression sur les coûts et la main-d’œuvre.