AccueilActualitesUne découverte génétique pourrait accélérer de plusieurs années la sélection de l’avocat
Une découverte génétique pourrait accélérer de plusieurs années la sélection de l’avocat

Des chercheurs américains ont identifié un mécanisme génétique susceptible de faire gagner plusieurs années aux programmes de sélection variétale de l’avocat.

Une découverte génétique pourrait accélérer de plusieurs années la sélection de l’avocat



Une équipe menée par des scientifiques de l’Université de Californie à Davis (UC Davis) a découvert qu’un seul gène joue un rôle déterminant dans le rythme de floraison mâle et femelle de l’avocatier.

Cette avancée pourrait permettre aux sélectionneurs d’identifier beaucoup plus tôt le type de floraison des jeunes plants, facilitant ainsi le développement de nouvelles variétés et l’optimisation de la pollinisation dans les vergers.

Pourquoi les avocatiers alternent-ils entre fleurs mâles et femelles ?

Tous les avocatiers sont hermaphrodites, mais leurs fleurs ne fonctionnent pas simultanément comme mâles et femelles. À certains moments de la journée, elles libèrent du pollen, tandis qu’à d’autres, elles sont réceptives à la pollinisation.

Environ la moitié des avocatiers, classés type A, présentent une phase femelle le matin et une phase mâle l’après-midi. Les arbres de type B suivent le schéma inverse.

Cette alternance limite l’autopollinisation et favorise les échanges de pollen entre les arbres. C’est pourquoi les producteurs associent généralement des variétés de types A et B au sein d’un même verger afin de favoriser une pollinisation efficace.

Le gène SDMYB au cœur de la découverte

Pour comprendre l’origine génétique de ce mécanisme, les chercheurs ont analysé les génomes de centaines d’avocatiers cultivés dans le cadre de travaux menés avec l’Université de Californie à Riverside.

En comparant les caractéristiques génétiques des arbres avec leur comportement de floraison, l’équipe a identifié un gène appelé SDMYB, directement associé au calendrier de floraison de type A ou B.

Selon les chercheurs, les variations de ce gène à l’origine de ce mécanisme seraient apparues il y a environ 42 millions d’années.

Jusqu’à 10 à 15 ans d’attente pourraient être évités

Cette découverte présente un intérêt majeur pour la sélection variétale. Jusqu’à présent, il fallait attendre qu’un avocatier atteigne le stade de floraison pour déterminer s’il appartenait au type A ou B.

Or, un avocatier peut mettre 10 à 15 ans avant de fleurir pour la première fois, ce qui constitue un frein important pour les programmes de recherche et de sélection.

Grâce aux marqueurs génétiques associés au gène SDMYB, il pourrait désormais être possible de déterminer le type de floraison dès le stade de jeune plant, sans attendre la maturité de l’arbre.

Une avancée prometteuse pour la sélection variétale

Pour les sélectionneurs, cette capacité à identifier précocement les types A et B pourrait accélérer les programmes de croisement et faciliter la sélection de nouvelles variétés. Elle pourrait également contribuer à concevoir des vergers avec des combinaisons variétales mieux adaptées à la pollinisation et aux objectifs de rendement.

Cette découverte apporte ainsi une nouvelle compréhension d’un mécanisme de pollinisation observé depuis plus d’un siècle et ouvre de nouvelles perspectives pour l’innovation génétique et l’amélioration variétale de l’avocat.

 

Fruitnet