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Maroc : la culture de l’avocat pourrait se déplacer face à l’intensification de la chaleur

La filière marocaine de l’avocat fait face à une pression croissante liée à la sécheresse prolongée et aux températures extrêmes, une évolution susceptible de modifier

Maroc : la culture de l’avocat pourrait se déplacer face à l’intensification de la chaleur



En 2023, le Maroc a exporté environ 22 000 tonnes d’avocats, soit 55 % de sa production nationale selon les données citées par la source. Près de 85 % de ces volumes étaient destinés à quatre marchés européens : la France, les Pays-Bas, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Des infrastructures post-récolte en plein développement

La croissance des exportations s’est accompagnée d’investissements dans les infrastructures de conditionnement et de conservation.

Le Maroc compterait désormais 35 stations de conditionnement certifiées GlobalGAP, contre 12 en 2018. Le développement d’une chaîne du froid sous atmosphère contrôlée contribue également à sécuriser les expéditions vers les marchés européens.

Au-delà de 38 °C, le stress thermique devient critique

La disponibilité en eau et les épisodes de chaleur intense constituent cependant des contraintes croissantes pour les vergers. L’avocatier nécessite un approvisionnement hydrique régulier, tandis que des températures supérieures à 38 °C peuvent provoquer un stress thermique, des brûlures foliaires et une chute prématurée des fruits.

La combinaison de températures élevées et de saisons pluvieuses plus courtes exerce ainsi une pression particulière sur les zones de production situées à moins de 300 mètres d’altitude.

Vers des zones de production plus élevées et plus fraîches ?

Face à cette évolution, des analystes agricoles cités par la source anticipent un possible déplacement d’une partie de la production commerciale vers des zones plus élevées et plus fraîches, notamment dans le Moyen Atlas, à plus de 900 mètres d’altitude.

Une telle transition nécessiterait toutefois des investissements importants, notamment pour l’acquisition et l’aménagement des terres ainsi que le développement des infrastructures d’irrigation.

Dessalement, irrigation de précision et recherche variétale

En parallèle, le Maroc développe plusieurs leviers pour renforcer la résilience de son agriculture face au stress hydrique. Parmi eux figurent le dessalement, l’irrigation de précision et la recherche variétale.

Les orientations présentées prévoient notamment de renforcer le recours aux grandes unités de dessalement alimentées par des énergies renouvelables à l’horizon 2030. Les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte de précision sont également encouragés afin d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau.

Sur le plan génétique, les recherches s’intéressent notamment à des porte-greffes plus résistants à la chaleur et à des génotypes présentant une floraison plus tardive.

Une adaptation qui pourrait influencer l’approvisionnement européen

L’évolution des zones de culture marocaines pourrait, à terme, avoir des répercussions sur l’approvisionnement des marchés européens et ouvrir des opportunités à d’autres origines productrices. Le Kenya, notamment ses zones d’altitude comme Murang'a et Kisii, est cité comme une origine susceptible de bénéficier de conditions de température et de précipitations différentes.

Ces évolutions montrent que la compétitivité future de la filière avocat dépendra de plus en plus de l’accès à l’eau, de l’efficacité de l’irrigation, de la localisation des vergers et du choix variétal, dans un contexte climatique de plus en plus contraignant.

 

Freshplaza